L’artiste

Artiste peintre, Elisabeth Raymond est aussi conteuse : un voyage en Egypte, une promenade en Corse, un match de hockey, Ulysse et les sirènes ou les lumières de la Méditerranée, toutes ses œuvres racontent une histoire. Elle est aussi professeur d’arts plastiques.

Dans ses tableaux, ce ne sont ni les ombres ni les perspectives qui dessinent l’espace mais le mouvement des formes elles-mêmes,  les couleurs et  les matières qui les habitent aussi. Une observation suscite un dessin qui à son tour suggère une toile, de même un collage, de manière souvent fortuite raconte une histoire. Le travail de la chaux, des pigments et du sable est tant mental que physique: dialogue tactile, elle touche autant qu’elle regarde.

« J’ai une passion pour tout ce qui est méditerranéen. Dès mon enfance j’ai éprouvé la vibration toute particulière des matières minérales : Le sable, c’est les jeux de mon enfance, la chaleur de l’été, les vacances, la liberté. Le sable est ludique, sensuel, imaginatif, solaire. Il me force à voir les choses simplement, on ne peut pas faire de dentelle avec lui, ou alors par accident. » Elle aime le côté définitif de cette matière dans laquelle elle dessine avec un bâton, et qui n’accepte ni esquisse ni erreur lorsque le trait est fait.

Les sables offrent un panel important de couleurs et de textures, emprunts de l’endroit dont ils sont issus. Ils confèrent ainsi une vibration toute particulière. L’important c’est de ne pas le trahir le sable et de fonctionner avec lui. Il y a des jaunes du pays basque, ou ceux d’Egypte, ceux plus ocres, venus d’Afrique qu’une tempête dépose parfois dans le sud de la France, les sables blancs de Camargue, les rouges de l’Estérel, les roses de Biot… Ou encore ces sables plus neutres qu’elle teinte de pigments naturels lorsqu’elle cherche un bleu ou un vert particuliers.

Elisabeth Raymond, autoportrait

Elisabeth Raymond, autoportrait

Elisabeth Raymond naît à Clermont-Ferrand où elle étudie l’architecture, découvrant l’école du Bauhaus, « la première qui ait posé de manière claire la grammaire des arts plastiques », puis les Beaux-Arts. Elle travaille dans les bureaux d’architecte de la ville, tout en poursuivant ses études aux Beaux Arts. Elle remporte les premiers prix aux concours nationaux des Beaux Arts, ce qui la conduira à Paris où elle expose au « Salon des Indépendants ».

Désormais installée dans la capitale, elle intègre l’école des Beaux Arts, quai Malaquais. On lui a attribué un atelier face à la Seine. Finies les perspectives d’architecte, ce sont désormais les nuits parisiennes du Palace qu’elle croque d’un crayon précis, des ambiances de fête, des visages, des robes, des accessoires : les couturiers défilent le show biz aussi.

Elle vit ses dessins comme d’autres le reportage. « C’est ce que l’on aime dans mon travail, c’est pour ça qu’on m’emploie» : même combat dans la publicité chez Havas, les deux servent à payer ses études et son séjour à Paris.

Trois ans plus tard et son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) en poche, elle reprend la route, passe par la Suisse et s’arrête dans les Alpes Maritimes, juste au-dessous de Grasse. En 1997, elle y crée l’ERAA (Ecole Régionale d’Arts et d’Artisanat) qui prépare les élèves aux grandes écoles nationales d’art. Elle dirige et enseigne la peinture et le dessin et les formes.

En 2011, elle retourne en Suisse, dans le village d’Anières, près de Genève. Face au Léman et au soleil couchant, elle aménage un atelier où elle poursuit actuellement son travail.